PARIS

Joe Sacco & Art Spiegelman

Never Again!.. And Again… And Again…

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Vernissage en présence des artistes
le jeudi 18 décembre à partir de 18h

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Séance de dédicaces sur réservation (complète)

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Exposition
du 18 décembre 2025 au 17 janvier 2026
Prolongée jusqu’au samedi 17 janvier

 

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MARTEL PARIS | 17 rue Martel | 75010 Paris, France

 

À partir du jeudi 18 décembre 2025, la Galerie Martel présente Never Again!.. And Again… And Again… And Again, une exposition inédite réunissant Joe Sacco et Art Spiegelman. Pionniers de la bande dessinée documentaire, les deux auteurs engagent ici un dialogue graphique et politique autour du conflit israélo-palestinien, porté par une émotion et une lucidité saisissantes. L’exposition rassemble les planches originales du projet publié ainsi que plusieurs dessins préparatoires.

Nous sommes très heureux d’annoncer que l’ensemble des 165 œuvres a été vendu et que le montant total des fonds récoltés au profit de l’UNICEF dépasse 80 000 euros.

« Art et moi avons beaucoup travaillé sur notre collaboration de trois pages, et, d’une certaine manière, l’effort a fini par masquer la réussite. Mais découvrir l’exposition de notre travail, magnifiquement mise en espace par la Galerie Martel, a été profondément satisfaisant. Cela m’a rappelé non seulement à quel point le projet avait été difficile, mais aussi à quel point nous l’avions affronté avec justesse. L’exposition elle-même, ainsi que la réaction du public, ont pleinement confirmé cela.« 

 – Joe Sacco

« JJoe et moi étions tous les deux d’accord sur le fait qu’il y aurait quelque chose d’obscène à tirer profit de toutes les souffrances qui ont donné lieu à notre bande dessinée. (Quand j’ai réalisé Maus, le travail était une anomalie totale et je partais du principe que nous devrions le publier nous-mêmes. Je n’avais absolument aucune motivation économique pour passer treize ans dessus.) J’ai été très impressionné par la manière dont la Galerie Martel a mis en scène ce nouveau travail : un mur consacré aux bandes dessinées de Joe, et un autre dominé par un artiste outsider produisant des dessins et des études répétitifs et compulsifs. Cela faisait de l’image elle-même une forme de communication. Le public a réagi avec intérêt et a manifestement éprouvé une certaine fierté à adhérer à cette manière très particulière de « faire passer le chapeau.« 

– Art Spiegelman

« L’UNICEF France remercie chaleureusement Joe Sacco et Art Spiegelman, ainsi que la Galerie Martel, pour leur générosité et leur engagement solidaire dans cette opération pleine de sens en soutien aux actions de l’UNICEF auprès des enfants de Gaza. Ceci dans une période où nos équipes sur le terrain sont dans une course contre la montre pour protéger les enfants contre les effets de l’hiver qui se cumulent à ceux de la guerre.« 

 – Ann Avril, Directrice Générale de l’UNICEF France

C’est un dialogue au sommet. Une rencontre entre deux monstres de la bande dessinée, qui ont fait pénétrer le neuvième art chez de nombreux foyers, par leur capacité à témoigner du réel, à raconter l’Histoire, la grande et les petites, ouvrant la voie à d’innombrables héritiers. Art Spiegelman et Joe Sacco ne sont pas seulement d’incroyables dessinateurs. Ils sont devenus, eux-mêmes, des personnages identifiables, le premier sous les traits d’une grande souris grise au regard inquiet, le second caché derrière des lunettes opaques et des lèvres charnues, témoin accablé des horreurs de l’époque. Depuis quatre décennies, ils sont nos guides dans les recoins sombres de notre Histoire, sortant leurs crayons comme on braque des torches pour chasse les fantômes. Et les voir réunis dans la même exposition a tout de l’événement, littéraire bien sûr, graphique naturellement, mais politique davantage encore.

Pourquoi ? Qui sont-ils, ces deux monstres sacrés ? L’aîné des deux, Art Spiegelman, a raconté comme personne avant lui l’horreur de la Shoah dans Maus, où il suivait la trace de ses parents, déportés à Auschwitz.  … Maus a sidéré par son usage d’animaux pour mettre en scène le drame – des souris pour les Juifs, des chats pour les nazis, des porcs pour les Polonais, des chiens pour les Américains… Une version animalière qui permet également au lecteur d’éprouver une empathie inédite devant le périple cauchemardesque des parents de Spiegelman, Vladek et Anja, précipités dans les mâchoires de la machine de mort nazie, enfermés dans le ghetto de Sosnowiec en 1942, puis déportés deux ans plus tard à Auschwitz. Par miracle – et grâce à la débrouillardise de Vladek –, le couple survivra à l’horreur, pour mieux transmettre au fils la douloureuse histoire familiale. … Ce sera donc Maus, dont les premières pages seront publiées en 1980 dans Raw, la revue d’avant-garde que Spiegelman a créée deux ans plus tôt. Depuis l’œuvre s’est écoulée à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde et a même raflé un prix Pulitzer en 1992 – le seul jamais décerné à un comic book.

Joe Sacco, lui, sillonne la planète depuis plus de trente ans, et la parution de Palestine (1993-1995), gros volume de 300 pages dans un noir et blanc charbonneux où il proposa le récit sans pareil d’un reportage en immersion dans les territoires palestiniens occupés pendant la première intifada. Deux mois à tenir le crayon, observer, noter, documenter, mais aussi à tendre l’oreille, à écouter les voix oubliées, à leur rendre leur part d’humanité. Dans la foulée, Joe Sacco a exporté sa méthode partout où les peuples étaient écrasés, en Irak, dans le Caucase, auprès des Premières Nations dépossédées de leurs terres ou dans les zones sinistrées du rêve américain. A chaque fois, il a su livrer des documentaires de longue haleine, où le texte, dense, généreux, vient mettre en relief le choc des images, leur offrir un contexte, une profondeur historique, un brin d’empathie aussi. …

La bande de Gaza, nous dit Sacco, est une plaie ouverte, une blessure jamais refermée où prospèrent la haine et le désespoir. Pas étonnant dès lors de l’avoir vu publier à l’automne dernier Guerre à Gaza, un « cri » d’une trentaine de pages en réponse à l’offensive israélienne, et dont les planches sont présentées lors de l’exposition. Cette fois, pas de reportage sur place, pas d’enquête minutieuse, mais un pamphlet contre la complicité de l’Amérique dans le massacre engagé depuis deux ans, en même temps qu’une expression d’horreur face aux tueries du Hamas et de profond dégoût pour le gouvernement de Netanyahou.

C’est justement dans le sens de cette double dénonciation que les deux dessinateurs ont uni leurs crayons, animés par leur révolte contre le grand char de l’Histoire, piloté par des fous ou des tueurs, et prêt à écraser sans gémir les petites gens. Publié en février dernier dans la New York Review of Books, avant d’être repris dans plusieurs grands titres de la presse européenne (Le 1 Hebdo en France, The Guardian au Royaume-Unis, El Pais en Espagne…), Never Again !…and again !…and again ! est un dialogue sans concessions sur le cessez-le-feu fragile qui règne dans la bande de Gaza, et plus largement sur l’avenir du conflit israélo-palestinien. C’est un cri de colère en même temps de que de désespoir face au cycle de la violence, où les armes ne se taisent que pour mieux entendre les râles des victimes. Comment finir une guerre, si celle-ci n’est suivie d’aucune paix durable ? Comment échapper au retour de la haine quand on oublie les « plus jamais ça ! », quand, comme Brassens le chantait, c’est « la mort, la mort, toujours recommencée » ?

L’exposition de leurs planches, mais aussi de leurs splendides croquis préparatoires, donne à avoir le travail collectif de ces deux maîtres de la BD documentaire, la mécanique de leur collaboration graphique, tout comme leurs interrogations tout au long de ce processus : jusqu’où représenter l’horreur ? Comment se mettre à la bonne distance ? Comment trouver les mots justes, dans ce conflit qui est aussi celui des imaginaires et de la sémantique ? Le résultat, c’est une série de trois planches qui parviennent, en quelques cases seulement, à saisir mieux que de longs textes l’horreur de ce qui s’est déroulé depuis le 7 octobre 2023, de l’attaque sanguinaire des commandos du Hamas à la répression aveugle des bombes israéliennes. Avec ce constat lugubre, qui vaut là-bas comme ailleurs : la Vengeance est une machine infernale qui a toujours soif de sang. Et l’histoire des guerres prochaines s’écrit déjà, à l’encre noire du ressentiment.

– Extrait du communiqué de presse de Julien Bisson

 

 

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PRESSE

ARTE TV : BD : Joe Sacco & Art Spiegelman

Le Figaro : Art Spiegelman et Joe Sacco s’associent dans un plaidoyer renvoyant dos à dos Hamas et Netanyahou

France inter : Art Spiegelman : « Au 21e siècle, l’ironie est quelque chose de très difficile à communiquer »

L’Humanité : Art Spiegelman & Joe Sacco vendent leurs originaux

Libération : Entretien croisé entre Art Spiegelman et Joe Sacco, deux géants de la BD pour les enfants de Gaza

Libération : Art Spiegelman & Joe Sacco face à l’anéantissement de Gaza

Le Monde : Entre Joe Sacco et Art Spiegelman, une conversation dessinée sur Gaza

Radio France : « Plus jamais ça »: Art Spiegelman et Joe Sacco publient une bande dessinée sur la situation en Palestine

Télérama : Art Spiegelman et Joe Sacco à Paris pour la cause palestinienne : “La situation à Gaza nous a atterrés.