BRUXELLES
GUIDO CREPAX
Nous nous sommes tant aimés, Valentina…
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Vernissage
le samedi 07 février
à partir de 15 heures
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Exposition
du 07 février au 11 avril 2026
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MARTEL BXL | Chaussée d’Ixelles 337 | 1050 Bruxelles, Belgique
Pour cette troisième exposition monographique de Guido Crepax, la galerie Martel est heureuse de vous présenter Nous nous sommes tant aimés, Valentina…, du 07 février au 11 avril 2026.
Il y a un demi-siècle, la France faisait la connaissance de Valentina Rosselli dans les pages de Charlie mensuel, la revue dirigée avec un goût très sûr par Wolinski, qui s’efforçait de rassembler le meilleur de la bande dessinée internationale. La maquette de Charlie copiait celle du mensuel italien Linus et c’est justement dans Linus que la longiligne Valentina est née, au mitan des années soixante, sous le crayon du milanais Guido Crepax.
À mesure que s’accumulaient les épisodes, on découvrait en outre que ce personnage, l’une des premières véritables femmes de premier plan dans la bande dessinée européenne, n’était pas que l’incarnation du fantasme érotique d’un dessinateur homme, mais une personne accomplie, dotée d’une biographie (certains épisodes reviennent sur son enfance ; l’une des planches exposées montre d’ailleurs comment un dessin exécuté par elle en 1949, à l’âge de sept ans, pouvait être remémoré vingt ans plus tard), exerçant le métier de photographe, professant des opinion trotzkistes, engagée dans une relation de couple de longue durée avec un critique d’art du nom de Philip Rembrandt, et qui deviendra mère d’un garçon, Mattia, en 1971…
Homme cultivé et d’un grand raffinement, Guido Crepax a mis en dessin de nombreux textes littéraires : des classiques de l’érotisme comme Histoire d’O, Justine, Emmanuelle ou l’Histoire de l’oeil de Bataille, qui fouettaient son imagination et dont il n’édulcorait en rien la crudité, mais également de la littérature fantastique (Dracula, Frankenstein, Docteur Jeckyll et Mister Hyde), se confrontant en outre à Homère, Kafka, Schnizler ou D’Annunzio, dans le même temps qu’il rendait hommage à des cinéastes tels qu’Ingmar Bergman ou Sergueï Eisenstein, à des artistes comme Alexander Calder, Vassily Kandinsky, Yves Klein, Henry Moore ou Andy Warhol, à des designers et à des musiciens.
Ce dialogue constant qu’il entretenait avec les autres arts n’empêchait pas Crepax de chérir la bande dessinée, dans laquelle il voyait un formidable territoire de liberté et dont il affectionnait particulièrement le rapport sans cesse réinventé à l’espace de la page. Virtuose de la composition, il inventa le procédé de l’hyperfragmentation, multipliant les petites cases, les inserts disposés en séries ou en colonnes. L’exposition montre bien toute la créativité qu’il déploya dans ce domaine : carroyage serré aux filets épais, grandes cases carrées rejetant le haut et le bas de la page vers les marges, puzzles plus irréguliers (Valentina Pirate), images aux contours irréguliers et flottants (Un poco loco), larges bandeaux accueillant des personnages à l’horizontale… Même quand elles étaient à l’étroit dans leurs cadres, ni Valentina ni les autres héroïnes de Crepax (Bianca, Anita…) ne furent jamais prisonnières ; femmes libres, elles ont toujours su s’échapper du papier pour nous séduire et nous hanter.
– Extrait du communiqué de Thierry Groensteen
Historien de la bande dessinée
Correspondant de l’Académie des beaux-arts (Paris)
Valentina- Un Poco Loco 10/Baba Yaga 16/La forza di gravità 18 © Courtesy Galerie Martel
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