JOOST SWARTE

BIBLIO + PICTO

Exposition du 17 mai au 6 juillet 2024

 

Every Picture Tells a Story… ce titre vintage de Rod Stewart, Joost Swarte le revendique en plein : au fil d’un demi-siècle de BD, d’illustration, de graphisme, d’architecture, de design, ses dessins n’ont jamais cessé de conter des histoires. Biblio+Picto, ouvrage récemment paru chez Dargaud, illustre son amour multiforme du papier imprimé. Et à partir du 16 mai 2024, la Galerie Martel sera fière de faire voisiner sur ses murs oeuvres emblématiques et créations inédites de cet artiste dont le mix d’humour, d’imagination et de rigueur graphique tire au cordeau l’âme du monde.

Jopo de Pojo. L’anti-héros totémique de Swarte. C’est lui qui accueillera les visiteurs de la Galerie Martel. Un Jopo sur sa chaise-longue, cerné d’instruments de musique, arborant comme toujours son visage de vieux Félix le Chat ou d’insecte à la Disney, ses knickers de golf fauchés à Tintin, son toupet de cheveux noirs formant une croche. Jopo est né en 1972. Swarte, un peu plus tôt, le 24 décembre 1947, aux Pays-Bas. Adolescent, le graphisme le passionne, mais que l’illustration puisse être une profession ne l’effleure pas. Confrontés à ses faibles résultats scolaires, ses parents comprennent que la pratique peut le tirer de l’ornière. Ils l’inscrivent à l’atelier d’un artiste local, Roelof Klein. De mercredis en mercredis, dessinant des natures mortes, il apprend à regarder et à voir. Il laisse alors ses parents le pousser vers le dessin technique, suit des cours, tâte de l’imprimerie, des couleurs, du design. Sans jamais oublier les leçons de Roelof Klein.

Arrive l’underground. Il montre à Swarte qu’on peut exister par le dessin. Il se lance, crée son titre – Modern Papier -, participe au légendaire Tante Leny Presenteert… De l’épisode, il gardera toujours un sens aigu de ces détails qui donnent au dessin une deuxième profondeur : main sortant d’une bouche d’égout ou ampoule électrique en embuscade dans un caniveau. Bel exemple de cette période touffue – visible Galerie Martel – la couverture de Surprise, la tonitruante revue de BD dirigée par Willem : « Il m’avait dit, prends toutes les libertés », raconte Swarte. « J’ai pensé qu’un traitement un peu ‘X’ serait la moindre des choses ». En effet. En 1977, à l’occasion de l’exposition consacrée à Hergé Kuifje in Rotterdam, Joost Swarte dédie un opuscule au style du Maître et de ses barons. Il l’a titré De klare lijn – la ligne nette, tracée au cordeau, une expression de jardinier flamand alignant ses tulipes. Mal traduit par Ligne claire, le nouveau label fait florès.

Swarte devient la référence de la tendance, qu’il définit ainsi : « Elle recherche la simplicité du texte et de l’image par le moyen du graphisme. » Que dire d’autre ? Depuis, la bande dessinée ne représente plus qu’une fraction de la prodigieuse production graphique de Swarte – mais cette dernière, de l’affiche au marque-page, du portfolio au timbre-poste, est toujours porteuse de récit.

Every picture… Voyez, toujours Galerie Martel, l’original de ses Manicules, Il s’agit au départ de vieux signes typographiques – de petites mains à l’index tendu attirant l’attention sur un point du texte. Swarte s’en empare, les déforme, les transforme en tête de chien ou en interdiction de fumer. « Un créateur de pictogramme cherche souvent l’objectivité. J’aime y insuffler du sens et de l’humour », note-t-il. Reproduites dans Biblio+Picto, ces Manicules y voisinent avec d’autres merveilles – telles les études des vitraux La naissance d’un livre, éclairant les murs du couvent Sainte-Cécile de Grenoble. L’éditeur Jacques Glénat y a installé sa bibliothèque.

Derrière ses rires et ses sourires, Swarte – dessinateur, illustrateur, graphiste, satiriste, auteur pour la jeunesse, affichiste, créateur de comics, céramiste, designer, bref artiste au sens plein du terme – demeure un militant du signe visuel, de l’imprimé à la banderole de manif. Peine de mort, Apartheid, rafles de juifs à Amsterdam, attentats terroristes ont nourri son regard libertaire. Fidèle à ses valeurs, il travaille aussi beaucoup pour l’institutionnel, ou plutôt le citoyen – songez à ses dessins décorant la salle d’attente d’un hôpital destiné aux enfants malvoyants : simples et nets, ils permettent aux jeunes patients d’estimer tout seuls leur déficience. Travaux de commande ? Création personnelle ? Swarte fait-il une différence ? « Oui, mais j’aime que cette différence soit toujours la plus réduite possible. » À l’oeil nu, ses admirateurs auront en effet bien du mal à séparer les deux catégories.

François LANDON

>Liste des oeuvres<

 

1 – Couverture Robert Benckley « L’économie, pourquoi faire ? » Editions Wombat – 2015

2 – Diploma Boekverkopers Bond – 2010

3 – « Internet Love » – Illustration for NRC – 2006

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Galerie Martel — contact@galeriemartel.fr / +33 6 10 19 30 02.
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE PDF

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Exhibition from May, 17th to July, 6th 2024

Every Picture Tells a Story… This vintage title by Rod Stewart, Joost Swarte claims it fully: over half a century of comics, illustration, graphic design, architecture, and design, his drawings have never ceased to tell stories. Biblio+Picto, a recently published book by Dargaud, illustrates his multifaceted love for printed paper. And starting from May 16, 2024, Galerie Martel will proudly showcase on its walls iconic works and unpublished creations of this artist whose mix of humor, imagination, and graphic precision tightly grasp the essence of the world.

Jopo de Pojo. Swarte’s totemic anti-hero. It is he who will welcome visitors to Galerie Martel. A Jopo on his lounger, surrounded by musical instruments, always sporting his face resembling either an aged Felix the Cat or a Disney insect, his golf knickers borrowed from Tintin, his tuft of black hair forming a musical note. Jopo was born in 1972. Swarte, a little earlier, on December 24, 1947, in the Netherlands. As a teenager, he was passionate about graphic design, but the idea of illustration as a profession never crossed his mind. Faced with his poor academic performance, his parents realized that practice could pull him out of the rut. They enrolled him in the workshop of a local artist, Roelof Klein. From Wednesday to Wednesday, drawing still lifes, he learned to look and see. He then let his parents push him towards technical drawing, took classes, dabbled in printing, colors, and design. Never forgetting Roelof Klein’s lessons.

Then came the underground scene. It showed Swarte that one could exist through drawing. He dove in, created his magazine – Modern Papier -, participated in the legendary Tante Leny Presenteert… From this period, he always retained a keen sense of those details that give a drawing a second depth : a hand emerging from a sewer or an electric light bulb lying in wait in a gutter. A fine example of this dense period – visible at Galerie Martel – is the cover of Surprise, the thunderous comic magazine directed by Willem: « He told me, take all the liberties, » recalls Swarte. « I thought a somewhat ‘X’ treatment would be the least of it. » Indeed. In 1977, on the occasion of the exhibition dedicated to Hergé Kuifje in Rotterdam, Joost Swarte dedicated a booklet to the style of the Master and his barons. He titled it De klare lijn – the clear line, drawn tautly, an expression of a Flemish gardener aligning his tulips. Poorly translated as « ligne claire, » the new label flourished. Swarte became the reference for the trend, which he defined as follows: « It seeks the simplicity of text and image through graphic means. » What else to say? Since then, comics represent only a fraction of Swarte’s prodigious graphic production – but this production, from posters to bookmarks, from portfolios to postage stamps, always carries a narrative. Every picture… See, still at Galerie Martel, the original of his Manicules. Initially, these were old typographic symbols – small hands with an outstretched index finger drawing attention to a point in the text. Swarte seizes them, distorts them, turns them into a dog’s head or a no-smoking sign. « A pictogram creator often seeks objectivity. I like to inject meaning and humor into it, » he notes. Reproduced in Biblio+Picto, these Manicules coexist with other wonders – such as studies of stained glass windows La naissance d’un livre, illuminating the walls of the convent of Sainte-Cécile in Grenoble. Publisher Jacques Glénat has set up his library there.

Behind his laughter and smiles, Swarte – cartoonist, illustrator, graphic designer, satirist, author for youth, poster artist, comic creator, ceramist, designer, in short, an artist in the fullest sense of the term – remains a militant for visual sign, from print to protest banner. Death penalty, Apartheid, raids of Jews in Amsterdam, terrorist attacks have fed his libertarian outlook. True to his values, he also works extensively for the institutional, or rather the citizen – think of his drawings decorating the waiting room of a hospital for visually impaired children: simple and clear, they allow young patients to assess their impairment on their own. Commissioned work? Personal creation? Does Swarte make a difference? « Yes, but I like that difference to always be as minimal as possible. » Indeed, to the naked eye, his admirers will have a hard time distinguishing between the two categories.

François LANDON

 

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