PARIS

English version below
***
Foire d’art contemporain
du 09 au 12 avril 2026
***
STAND A2
Grand Palais | 75008 Paris, France
_____
La Galerie Martel se réjouit de participer une nouvelle fois au salon Art Paris, qui se déroule au Grand Palais.
Depuis sa création à Paris par Rina Zavagli il y a près de vingt ans, la Galerie Martel fonde son identité dans la diversité des voies artistiques qu’elle emprunte, et des voix qu’elle souhaite
porter. Son ouverture est internationale ; son inclination est pluridisciplinaire. Les artistes qu’elle fait le choix de représenter sont des peintres, des illustratrices et des illustrateurs, et également des figures pionnières ou émergentes des arts narratifs que sont l’animation et la bande dessinée. C’est à travers le 9e art que la galerie s’est d’ailleurs particulièrement distinguée, en étant parmi les toutes premières à promouvoir les travaux des autrices et auteurs en tant qu’œuvres d’art à part entière. Ces mêmes artistes se jouent des frontières, des styles et des techniques en passant d’une rive à l’autre, en étalant les lignes, les trames, les motifs et les couleurs, en faisant converser le texte et l’image. Un dialogue soutenu qui trouve un nouvel écho depuis septembre 2024 et l’ouverture d’un deuxième espace d’exposition à Bruxelles, cette autre capitale de l’art
contemporain.
« N’interromps jamais un rêveur. Comment ne te haïrait-il pas ? »
Henri Michaux, Poteaux d’angle
Sur le papier, sur le carton ou sur la toile, faits d’encres ou d’acrylique, d’artifice ou de transparence, immobiles ou en mouvement, contemplant leurs propres reflets ou poursuivant les nuages, tous rêvent. Parfois, ce sont des rêves entamés à huis clos, des évasions qui se heurtent aux barres d’immeubles. Parfois, ces rêves s’ouvrent au voyage et se font présage d’ailleurs. La route est pleine de grâces qui promet au voyageur l’horizon et qui le renvoie finalement toujours à lui-même.
La Galerie Martel présente et expose les œuvres de cinq artistes – auteurs de bande dessinée s’échappant ici de la pure narration graphique et évoluant sur grands formats – comme autant
d’itinérances. Des œuvres, des escales, des suspensions.
Communiqué de presse écrit par Cathia Engelbach
Nous présenterons, sur notre stand A2, des œuvres signées
BRECHT EVENS
1986, Belgique
Il faut croire que Brecht Evens s’est tôt saisi de la couleur dans tous les sens auxquels le mot peut renvoyer : dans son travail, il est de la couleur comme d’un éclat (du latin color) mais aussi comme d’un secret (du latin celo dont le radical est commun). Fantasmatique, cryptique, envoûtante, son oeuvre absorbe les tragédies autant que les insouciances du quotidien au moyen d’une palette liquide et phosphorescente. Il s’agit de se perdre dans les plis et les strates de l’image (que la technique du collage rend parfois visibles), de se laisser prendre au jeu du silence et de la révélation – ici, cela se diffracte (Lac extérieur, Sol glissant) et là, à la solitude en ombre chinoise répond une myriade de figures (Étonnants voyageurs). Brecht Evens enclot des épiphanies dans chacune de ses créations où la couleur semble être maîtresse de la composition et le miroir l’objet principal du dévoilement.
MILES HYMAN
1962, États-Unis
Ce sont des face-à-face quasi cinématographiques. Des clichés de corps de femmes tronqués, croqués de profil ou de trois quarts, le regard se voilant derrière l’opacité des verres. Debout se hissent d’autres corps de béton et de métal, des immeubles et des enseignes imposantes. Rien n’est froid dans ces fragments d’architecture urbaine : le tracé des ombres suggère le passage tranquille du temps et les façades sont insolées.
Les huiles de Miles Hyman ont tout de photographies mises en scène. Au-delà du silence et de la solitude des protagonistes s’entend le brouhaha des routes et des passants, la mélodie incessante des grandes villes et des espaces anonymes. En eux, ce sont peut-être des tragédies qui s’écrivent, des fictions aux accents étrangement familiers.
YANN KEBBI
1987, France
Mouvement : agitation, ébranlement, émotion. À fleur de soi-même, le passager du train est pris dans un déplacement qui ne concerne plus son corps, mais son esprit. Il est pris dans un tunnel métaphorique qui resserre le temps et l’espace. Traîné mais immobile, le voyageur se laisse entraîner dans la contemplation (J’aime bien le train, on a le temps de regarder). En noir et blanc, la plume de Yann Kebbi s’engouffre dans la latence du transport intérieur, dans les marbrures d’un siège ou d’une réflexion, dans les mises en abyme qu’offrent les vitres soudain plongées dans le noir, multipliant les rêveries, badinant avec le réel. Au loin, l’encre distille ses couleurs en vapeur douce et calme. Elle dilue les figures et préserve les impressions : c’est ici que l’éphémère s’attache au sentiment d’éternité.
LORENZO MATTOTTI
1954, Italie
Il y a, dans l’oeuvre de Lorenzo Mattotti, une tension persistante entre la danse et la capture, entre ce qui s’échappe et ce qui reste. Imperturbables, les décors se tressent, croisant les lignes et appuyant les couleurs, soulignant le paysage comme s’il s’agissait d’un galbe humain. Par l’anamorphose, tout vit et souffle dans les toiles du maître italien ; tout vacille et s’ouvre, demande à se frayer un chemin en dehors du cadre.
Ceux qui flânent épousent l’herbe acidulée et les chemins de traverse (série Una Passeggiata). Leur marche est une synesthésie ; leur marche est un poème. Face à eux, l’horizon se courbe et se fond à leur déambulation. En hauteur dans son tissu d’ivoire, une femme contemple le ballet des collines (Dal Balcone). Miroir de l’amante esseulée de Vérone, elle prend la lumière tout en embrassant les contrastes, dans une composition qui rappelle celles de David Hockney.
MIROSLAV SEKULIC-STRUJA
1976, Croatie
L’angle est grand ; les rues et les immeubles se noient parfois dans la nuit. Les terrains, à la fois vagues et vivants, fourmillent de scènes sans paroles, visibles et invisibles. Les couleurs que Miroslav Sekulić pose sur carton pourraient être le signe d’une désolation mais, à l’image de l’utilisation qu’il en fait dans son travail en bande dessinée, elles se teintent d’une magie tout ordinaire. Ce sont elles qui sauvent de la ruine, car c’est depuis elles que, toujours, le récit s’évade. Au hasard d’un port ou d’un bistrot, de vitrines et de rues de la capitale allemande, ce qui
suinte sont les traces laissées par la Grande Histoire et les parcelles d’autres histoires que l’on dit plus petites. Chaque fenêtre contient une mémoire – qu’elle soit pesante, tendre ou mélancolique. Et l’oeil qui s’y promène éprouve soudain l’envie de soulever les rideaux aux teintes bariolées pour rejoindre l’intimité d’un espace.
lire le communiqué de presse – FR – PDF
____
[EN]
Contemporary art fair
from April 9th to April 12th, 2025
***
BOOTH A2
Grand Palais | 75008 Paris, France
_____
Galerie Martel is delighted to participate once again in Art Paris fair, which takes place at the Grand Palais.
Since its founding in Paris by Rina Zavagli nearly twenty years ago, Galerie Martel has built its identity on the diversity of artistic paths it explores and the voices it seeks to champion. Its outlook is international; its inclination is multidisciplinary. The artists it chooses to represent include painters, illustrators, and also pioneering or emerging figures in the narrative arts of animation and comics. It is through the ninth art, in particular, that the gallery has distinguished itself, being among the very first to promote the work of comic artists as artworks in their own right. These same artists play with boundaries, styles, and techniques, moving from one shore to another, unfolding lines, patterns, textures, and colors, allowing text and image to converse. An ongoing dialogue that has found a new resonance since September 2024, with the opening of a second exhibition space in Brussels, another capital of contemporary art.
“Never interrupt a dreamer. How could he not hate you?”
Henri Michaux, Poteaux d’angle
On paper, cardboard, or canvas, made of ink or acrylic, of artifice or transparency, still or in motion, contemplating their own reflections or chasing clouds, all are dreaming. Sometimes, these are dreams begun behind closed doors, escapes that collide with the bars of apartment blocks. Sometimes, these dreams open onto travel and become omens of elsewhere. The road is full of graces that promise the traveler a horizon, only to ultimately return them to themselves.
Galerie Martel presents the works of five artists—comic authors who here move beyond pure graphic narration and into large-scale formats—as so many journeys. Works as
stops, as suspensions.
At our booth A2, we’ll be showcasing artworks by:
BRECHT EVENS
1986, Belgique
It seems that Brecht Evens grasped color early on in all its meanings: in his work, color is both brilliance (from the Latin color) and secrecy (from the Latin celo, sharing the same root). Phantasmagoric, cryptic, and mesmerizing, his work absorbs both the tragedies and the lightness of everyday life through a liquid, phosphorescent palette.
One must lose oneself in the folds and strata of the image—sometimes made visible through collage—and surrender to the interplay of silence and revelation. Here, it refracts (Lac extérieur, Sol glissant); there, solitude in silhouette gives way to a multitude of figures (Étonnants voyageurs). Brecht Evens encloses epiphanies within each creation, where color becomes the master of composition and the mirror the instrument of unveiling.
MILES HYMAN
1962, États-Unis
These are almost cinematic confrontations. Cropped images of female bodies, sketched in profile or three-quarter view, their gaze veiled behind opaque lenses. Rising behind them are other bodies of concrete and metal—buildings and imposing signage.
Nothing is cold in these fragments of urban architecture: the tracing of shadows suggests the gentle passage of time, and the façades are sunlit. Miles Hyman’s oils resemble staged photographs. Beyond the silence and solitude of the figures, one can almost hear the hum of roads and passersby, the continuous melody of large cities and anonymous spaces. Within them, perhaps, tragedies unfold—fictions with strangely familiar tones.
YANN KEBBI
1987, France
Movement: agitation, tremor, emotion. On the surface of oneself, the train passenger is caught in a displacement that no longer concerns the body but the mind. He enters a metaphorical tunnel compressing time and space. Carried along yet motionless, the traveler drifts into contemplation (J’aime bien le train, on a le temps de regarder).
In black and white, Yann Kebbi’s line plunges into the latency of inner transport, into the marbling of a seat or a thought, into the mise en abyme created by windows suddenly plunged into darkness, multiplying reveries and toying with reality. In the distance, ink diffuses its colors like a soft vapor. It dissolves figures while preserving impressions—here, the ephemeral attaches itself to a sense of eternity.
LORENZO MATTOTTI
1954, Italie
In Mattotti’s work, there is a persistent tension between dance and capture, between what escapes and what remains. The settings intertwine, crossing lines and intensifying colors, shaping the landscape as though it were a human curve. Through anamorphosis, everything breathes and lives within his paintings; everything trembles and opens, seeking to break free from the frame.
Those who wander merge with tangy grass and winding paths (Una Passeggiata series). Their walk becomes synesthetic; their walk becomes a poem. Before them, the horizon bends and dissolves into their wandering. Above, within an ivory fabric, a woman contemplates the ballet of hills (Dal Balcone), echoing the solitary lover of Verona while embracing contrasts in a composition reminiscent of David Hockney.
MIROSLAV SEKULIC-STRUJA
1976, Croatie
The perspective is vast; streets and buildings sometimes dissolve into night. Spaces, both vacant and alive, teem with silent scenes, visible and invisible. The colors Miroslav lays onto cardboard might suggest desolation, yet—as in his comics—they are infused with a quiet, everyday magic. They rescue from ruin, for it is through them that the narrative always escapes.
In a port or a café, among shop windows and streets of the German capital, what seeps through are traces of History and fragments of smaller stories. Each window holds a memory—heavy, tender, or melancholic. And the wandering eye suddenly feels the urge to draw aside the curtains of variegated hues and step into the intimacy of a space.
read the press release – ENG – PDF